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Mercredi, 23 Juillet 2014
Arlettaz : "On n'a pas de marge" (l'Indépendant)

Face à la "démission collective" constatée à Oyonnax (défaite 42-17), Patrick Arlettaz, le co-entraîneur du Racing, plaide la thèse de "l'accident". Après avoir haussé le ton, il attend une réaction d'orgueil demain à Tarbes (18 h 30).

Patrick, comment s'est passé le débriefing d'après la défaite à Oyonnax (42-17) ?
Ça s'est passé comme ça devait se passer. Au-delà des torts et des individus, on a insisté sur certains impératifs de comportement. Jusqu'à maintenant, on avait connu deux déconvenues à l'extérieur, à Aurillac (31-9) et à Pau (33-3). Mais autant sur ces deux matches on avait inconsciemment besoin de souffler psychologiquement, autant à Oyonnax on n'a aucune excuse.

Le ton est visiblement monté d'un cran...Oui. Personnellement, je me suis interdit de faire des déclarations à chaud après le match, sinon j'aurais débordé (sic). On a haussé le ton, mais essentiellement pour fustiger le mental. Devant cette défaite, on ne peut pas s'empêcher de penser qu'on a deux visages. Depuis deux mois, on se dit que perdre à l'extérieur n'est pas très grave. Le problème, c'est qu'on n'a pas un groupe suffisamment au-dessus pour pouvoir se permettre ce genre de relâchement. On l'a vu lors de la première demi-heure. Je ne nous compare pas, mais le Stade Toulousain peut se permettre de faire une piètre première mi-temps à Dax et de gagner quand même. Pas le Racing face à Oyonnax. On n'a pas de marge.

La combativité était jusqu'à maintenant un de vos point fort...
(Il coupe.) En même temps, tout n'est pas à jeter dans ce match. On vire à 28-10 à la mi-temps, on encaisse un 15-7 en deuxième après un essai un peu casquette... Ça veut déjà dire que pendant le match il y a eu la prise de conscience qu'on était passé à travers. En revanche, c'est le premier match où, sur l'état d'esprit, on n'a pas été irréprochable, loin de là.

Peut-on parler de démission collective ?
Pas vraiment, car on a été capable de réagir en seconde mi-temps en nous reprenant sur les bases. C'est dans notre approche de la rencontre qu'on a été catastrophique. Il ne faut pas se le cacher : durant une demie-heure, il y a eu un manque de respect par rapport à ce qu'on fait. Quatre, cinq joueurs seulement ont répondu présent. Les autres ont manqué de respect à leurs partenaires, au rugby, à l'équipe en face, un peu à tout le monde.

Les principales critiques se concentrent sur le pack ?
Sincèrement, on peut toujours dire qu'en deuxième mi-temps notre conquête n'a pas été assez dominatrice pour nous permettre de revenir au score, mais la démission a été collective et ne concerne pas que le paquet d'avants. Derrière, on a aussi été totalement absent.

On suppose qu'une grosse réaction est attendue samedi (demain) à Tarbes ?
Je l'ai toujours dit, on travaille toute l'année pour gagner sans renier notre jeu . A Tarbes, au-delà du résultat, on aura une grosse exigence, pour montrer à tout le monde que ce n'était qu'un accident C'est la thèse privilégiée ?
Pour moi, oui, c'est un accident. Jusqu'à maintenant, on a été plutôt satisfait de notre comportement. Notre réaction cette semaine à l'entraînement le prouve. Personne dans le groupe n'a cherché de faux semblants. Tout le monde a fait profil bas et accepté les critiques. Les joueurs se sont responsabilisés, leur démarche est saine. A la limite, il n'était pas nécessaire qu'on crie. On l'a fait, car nous aussi on a commis des erreurs dans la préparation. Mais vu la tête des joueurs dans les vestiaires, on savait qu'ils avaient compris.

Janvier s'annonce redoutable avec deux déplacements à Tarbes et Auch, entrecoupés de la réception du Racing-Métro...
On est bien conscient que ce sera difficile jusqu'à la fin de la saison. A deux, trois points près, on est à peu près dans les clous au classement et on a quelques matches références à notre actif. On n'a jamais prétendu être plus fort que là où on est. Seulement, on s'aperçoit que dès qu'on lâche du lest, on le paie cash.
Recueilli Vincent Couture