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Vendredi, 22 Août 2014
RCNM 25 – 24 BÉZIERS, SUEURS FROIDES …

RCNM 25 – 24 BÉZIERS

SUEURS FROIDES …

 

                Question pour un champion : Dans quel lieu Alfred Hitchcock tourna t-il son ultime opus ? Tic-tac, tic-tac, tic-tac … Santa Rosa ? Non. San Francisco ? Non plus.
Indice numéro 1 : « cité gallo-romaine, ville française ». Tic-tac, tic-tac, tic-tac … Saint Jeannet ? Toujours pas …
Indice numéro 2 : « berceau de l’Ovalie ». Tic-tac, tic-tac, tic-tac … Toulouse ? Mauvaise pioche … La réponse adéquate était … NARBONNE !

Théâtre des rêves, l’Egassiairal, renommé pour ce derby Parc des Sports et de l’Inimitié, se métamorphosa, en un clignement de cil, en véritable temple des insomnies … Frissons, frayeurs, angoisses au rendez-vous,  le « maître du suspens »  livrait là un véritable bijou, le chef d’œuvre de sa vie d’artiste.

 

L’OMBRE D’UN DOUTE

                Et pourtant … A quelques minutes du dénouement, rien ne laissait entrevoir la patte du maître … Le RCNM, récitait, dictait sa loi comme jamais et se dirigeait vers un confortable succès (22-9).

Brendan Hegarty, à la 4ème minute, exploitant à merveille la première infériorité numérique biterroise, Sébastien Regy, une heure plus tard, à la conclusion d’un amour de combinaison (touche déviée, Karne Kaufana perce plein cœur dans la défense adverse. Le jeu rebondit et arrive dans les bras de Julian Huxley qui remise intérieur pour l’ailier narbonnais) et la puissance du pack audois (sur un maul pénétrant dévastateur), entre les deux réalisations, se chargeant de tuer définitivement toute idée de suspens …

68 minutes à endormir, à anesthésier ses adeptes … Alors que nul des privilégiés présents ce soir-là n’ose imaginer un improbable retournement de situation, Marais, l’ailier de l’ASBH, qui récolta le premier des 5 cartons jaunes de cette rencontre haute en couleur (pour un plaquage à retardement sur Julian Huxley), se signalait enfin de façon positive en inscrivant le premier essai biterrois (22-14). Insidieusement, la première pierre était posée …

 

LE CRIME ÉTAIT PRESQUE PARFAIT

                Alors que les premières onces de perplexité gagnaient les plus alarmistes, « Hitch » donnait enfin la pleine mesure de son incommensurable talent …

Max, joker de luxe, profitait d’abord d’une mauvaise transmission d’Adrien Latorre pour filer, sans opposition, en terre promise (22-21). La fébrilité gagnait les rangs narbonnais et à deux minutes du terme, bien qu’en infériorité numérique, l’ASBH prenait, pour la première fois, les commandes du match. Malié sanctionnant l’indiscipline des hommes de Justin Harrison (22-24).

S’ensuivent alors 2 minutes irrespirables … Une incertitude totale plane sur la rencontre … Dramaturge de génie, Alfred Hitchcock, joue avec nos nerfs. A cet instant, lui seul connaît l’épilogue de ce suffocant thriller.

La sirène retentit dans ce Colisée des temps modernes, ultime maul narbonnais … Bien formé, il avance … 5 mètres, puis 10, puis 20 … Pénalité ! Adrien Latorre, héros malheureux désigne alors les poteaux … Le temps s’arrête. Il s’élance … et transforme sa tentative ! Au terme d’un final d’anthologie, orchestré de main-de-maître par un réalisateur de génie, le Racing remporte cette ultime levée amicale (25-24) ! Il fallait bien se nommer Hitchcock pour concevoir une telle issue !

 

Jonathan MARTINEZ