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Jeudi, 21 Août 2014
BENJAMIN BEAUX, LE CHARLES TRENET DES TEMPS MODERNES

(ÉCRIT PAR JONATHAN MARTINEZ, journaliste sportif à Tempo FM)

« Fidèle, je suis resté fidèle … à Narbonne mon amie ». Immortelle, l’âme du poète qui, jour après jour, dresse des louanges à sa muse, sa dulcinée. Éternel Charles Trenet qui, une vie durant, usa de son génie pour restituer, à la fille de Rome, ses lettres de noblesse. Un dévouement sans faille, un amour incommensurable envers Narbonne, cette cité qui le vit naître, cette ville qui le fit paraître. Une fresque murale à son effigie, un festival à son nom, l’aède, des cimes de son Paradis, récolte les fruits de sa fidélité. A jamais, Narbonne sera redevable de son « Fou chantant » …

« ON SÈME POUR L’AVENIR »


   Le maillot « orange et noir », Benjamin Beaux l’aime … sans doute autant que Charles Trenet chérissait Narbonne. Ces couleurs le fascinent. Elles donnent un sens à sa vie.
Chérubin déjà, ses yeux débordent de tendresse à la vue de ces preux chevaliers qui portent haut l’étendard narbonnais. Il « adore cette équipe » et voue un véritable culte à ses héros (notamment Jean-Marie Bisaro). Bercé par ses illusions, il rêve de les côtoyer, d’évoluer un jour à leurs cotés.
Le nouveau millénaire marque une étape décisive dans l’existence du narbonnais de souche. L’école de rugby du RCNM fait appel à ses talents. Une « bande de copains », constituée d’ « amis d’enfance », voit alors le jour (elle deviendra la génération dorée « 86 »). De cette merveilleuse période demeurent les titres, nombreux (Champion de France Cadet A en 2001, champion de France Cadet B en 2003, vice-champion de France Reichel en 2006) et les souvenirs, impérissables. Benjamin trouve en ces partenaires une seconde famille, aimante et protectrice.
Avec elle, il franchira tous les paliers et intègrera, à tout juste 20 ans, l’effectif professionnel (« Une immense fierté de jouer avec  tous ces grands joueurs que je badais » se remémore l’intéressé), réalisant ainsi ses desseins d’utopiste. Las, son expérience du (très) haut niveau tourne court … Le Racing, au sortir d’un siècle d’existence dans l’élite du rugby hexagonal, tombe en seconde division. Une expérience au goût amer, « une immense déception » …

« UN CŒUR QUI BAT ORANGE ET NOIR »


    En Pro D2, Benjamin Beaux, en dépit de sa relative jeunesse, devient rapidement un rouage essentiel, une pièce maîtresse de l’effectif narbonnais. Avec ses amis de la génération « 86 », il incarne désormais le présent de Narbonne, plus son futur. Formé au cru, il voit, en la survie du RCNM, « une responsabilité vis-à-vis du club » de sa ville, celui qui l’a formé. Une façon, pour lui, de remercier ceux qui lui offrirent la possibilité de réaliser son rêve de môme.
Honneur suprême, la saison dernière, Justin Harrison, maître es rugby, désigne ce rescapé d’un « rugby de papa » révolu (qui, même si l’idée d’un départ lui « a traversé l’esprit », trouve inutile de partir jouer autre part en Pro D2 ou de jouer 1 match sur 8 en Top 14), capitaine du club de son cœur.
Ultime « reconnaissance », magnifique récompense, pour ce fidèle d’entre les fidèles qui, depuis 11 ans maintenant, lie, par un serment d’allégeance, sa destinée à celle du Racing.