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Samedi, 19 Avril 2014
JOSH VALENTINE, LE « MONSIEUR PROPRE » DU RACING

(Ecrit par Jonathan Martinez, journaliste sportif à Tempo FM)

Société de consommation oblige, les dignes héritiers de l’Oncle Sam, en proie à un essor économique sans précédent, érigent, au cœur des années 1950, un chef-d’œuvre d’icône publicitaire : Mr Propre. Crâne rasé, muscles saillants, sourire en coin, ce super héros d’un genre nouveau, à des années lumières des invincibles de Marvel, s’invite, par la grande porte, dans le quotidien des ménagères. Rapidement, la gent masculine le toise. Les femmes, elles, l’adoptent. Mieux, elles l’adulent. Ce maniaque de la propreté, métamorphose leur existence. Une révolution des mœurs plus tard, « Don Limpio », ne jouit plus du même crédit au près de ces dames. Assoiffées par un juste désir d’égalité, stimulées par leur grand dessein d’indépendance, elles désirent s’affranchir du carcan des taches ménagères. Quitte à brûler leur idole … Acculé, le « divin chauve » se réfugie alors dans un berceau de la masculinité : l’Ovalie. Par crainte de représailles, il modifie sa nationalité, son apparence, son patronyme aussi : Josh Valentine est né … 

 

DÉCADENCE A BRISBANE

… Avec le rugby, Mr Propre découvre un « monde sans foi, ni loi », un univers sans pitié … Tant qu’il excelle (aux Reds, Waratahs et Brumbies notamment), son nom figure au Panthéon de ce sport. Il regoûte ainsi, avec délectation, aux joies d’une renommée internationale (sélectionné à 5 reprises avec le XV d’Australie). A leur tour, les hommes l’encensent. Mieux, ils vouent un culte à cet ancien pestiféré. « Flash » jubile. Il tient sa revanche. Perverti par ce florilège d’éloges, englué dans un confort malsain, Josh se laisse quelque peu aller. Son efficience s’atténue … En deux temps trois mouvements, il choit dans les limbes de l’oubli … Demi-dieu un jour, simple mortel le lendemain … Banni du continent américain, exilé par l’Australie, le « divin chauve » débarque en France fin 2011. Narbonne l’accueille en grande pompe. L’heure de la rédemption a sonné … …

 

GRANDEUR A NARBONNE

Dans un cadre de vie idyllique, Mr Propre ne réitère pas ses erreurs du passé. Il se dévoue corps et âme pour une tâche ingrate : la survie, dans l’élite du rugby hexagonal, d’un club centenaire. Espéré, par le peuple « orange et noir », comme « le Messie », il répond, à chaque sortie, aux attentes nées de son statut international. D’une implication totale, ce guerrier épure le jeu audois. Il cornaque à merveille ses avants. Ses passes, modèle de perfection, offrent des possibilités infinies à sa ligne de trois-quarts. Sous sa houlette, le culte de la victoire réinvestit les rangs du RCNM. Fidélité et Reconnaissance. De tout temps, l’avenir du « serial cleaner » en territoire cathare demeura incertain. Au fil des semaines, des mois, il s’avéra même chimérique. Seul Thomas More, et ses desseins utopistes, voyaient en cette improbable finalité, une réaliste possibilité. Son incroyable don pour le rugby et ses espoirs de grandeur ne seyaient guère à l’anonymat d’un championnat de seconde zone. D’aucuns alors se faisaient une raison … Or, fervent adepte du contre-pied, Mr Propre privilégia, pour la toute première fois de son existence, la stabilité. Éreinté par ses voyages à répétition, ébranlé par ses amères expérimentations, l’ « Élu » dépaqueta ses bagages sur cet exquis rivage … Pour le bonheur de tous. Mr Propre, un vendeur d’illusions ? Non, un marchand de rêves !

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