Bannière
Mardi, 02 Septembre 2014
L’ASCENCEUR AUTOMATIQUE PRO D2 → TOP 14 : UNE MONNAIE PAS SI COURANTE …

 

(ÉCRIT PAR JONATHAN MARTINEZ, journaliste sportif à Tempo FM)

En l’an 1405, bercé par un doux soleil d’été, l’illustre inconnu Konrad Kyner passe à la postérité en exposant aux yeux du monde entier le fruit de sa prouesse, l’œuvre de son existence : un système de téléporté. Cette avancée technologique, qui réduit à néant les obstacles proposées par Dame Nature et ses reliefs pentus, sonne comme une révélation dans les hautes sphères scientifiques. Avec le temps, la révolution industrielle s’immisçant dans ce bon wagon, le prototype du téléporté évoluera, donnant naissance à des spécimens, de plus en plus diversifiés, de plus en plus aboutis. Sous l’appellation « remontée mécanique », un dispositif de montées et de descentes se généralise. Ce système ne vous rappelle rien ?

 

UN PRINCIPE, L’EXCEPTION ALBIGEOISE

« Moyen de transport en commun, j’aide mes passagers à gravir des pentes élevées, des chemins pentus et escarpés, dans leur route vers les sommets. Je suis, je suis, je suis ? » Le téléski ? OUI ! La Pro D2 ? Aussi ! A l’aube du second millénaire, le processus de professionnalisation, débuté dès 1995, se concrétise avec l’avènement de la Pro D2. Dès la saison 2000-2001, la Ligue Nationale de Rugby met en place une prime au mérite pour Tours (promu de promotion nationale en Pro D2) et Montauban (de Pro D2 en Top 16). A contrario, les six mauvais élèves de Première Division descendent à l’échelon inférieur. Une voie sinueuse que suivent également Nîmes et Istres, relégués en Fédérale 1. Dès la saison suivante, la LNR met en place un système novateur : 2 équipes de F1 montent en Pro D2 et 2 de Pro D2 accèdent au Top 16 (puis Top 14) et inversement. Au fil des années, le niveau global de la deuxième division s’élève et un constat voit le jour : les relégués de Top 14 passent, au minimum, 3 ans au purgatoire de la Pro D2 (exemples : Agen et Mont-de-Marsan). Certains mêmes, et ils s’avèrent nombreux (La Rochelle, Bourgoin, Montauban, Dax, Auch …), moisissent dans ce guêpier … Un temps d’adaptation, de plusieurs années, semble donc nécessaire pour s’habituer aux rouages de ce Championnat. Lyon et Brive, en ce début de saison, ne dérogent pas à la règle … A ce principe, il existe pourtant une exception. Elle porte un nom : Albi. Rétrogradé en Pro D2, lors de la saison 2007-2008, le club tarnais réussit l’exploit de retrouver directement l’élite. Un exemple unique à ce jour …

 

NARBONNE, L’EXEMPLE QUI CONFIRME LA RÈGLE

« Centenaire, double Champion de France, recordman des Boucliers de Brennus remportés, je m’enlise, depuis 5 ans maintenant, dans les sables mouvants d’un Championnat de seconde zone. Je suis, je suis, je suis ? » Le RCNM ? Bonne réponse … 2007, le spectre de la relégation plane encore et toujours sur Narbonne. Rompu le charme des Trente Glorieuses (fin 1960’s – fin 1990’s), les valeureux guerriers audois s’escriment désormais pour sauver leur tête dans un Championnat régenté, d’une main de fer, par les magnats de la finance. Armés des ultimes effluves du bon vieil amateurisme, et de ce sens du patriotisme aujourd’hui envolé, les Racingmen, engagés dans une croisade perdue d’avance, retardent, depuis plusieurs années maintenant, une issue inexorable … L’inéluctable intervient lors de la saison 2006-2007 … De prime abord, le mot cataclysme s’impose de lui-même. Après mûre réflexion pourtant, supporters, dirigeants et joueurs s’accordent à voir, en cette Pro D2, un magnifique tremplin, un havre de paix ou Narbonne-la-Belle pourra jouer les premiers-rôles, se reconstruire. Une théorie séduisante alors … un projet utopique aujourd’hui …