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Mardi, 02 Septembre 2014
SHAUN, LE FEU FOLEY NARBONNAIS ?

(ÉCRIT PAR JONATHAN MARTINEZ, journaliste sportif à Tempo FM)

 

« Le meilleur remède pour tous les problèmes, c’est la patience » (Horace). La persévérance aussi. Une idée fixe, un leitmotiv même, afin d’éviter de sombrer … Étoile en devenir du rugby australien, Shaun Foley, subsiste avec ce mal incurable nommé fragilité. Façonné à la très réputée « Australian SchoolBoys Rugby Union » (l’équivalent du Pôle Marcoussis français), ce diamant brut aimante, comme personne, les blessures. De la fracture d’une cheville en 2007, qui jugula son éclosion au plus haut niveau, aux divers pépins musculaires, qui diffèrent, indéfiniment, ses grands débuts sous la tunique « orange et noire », « Axel » joue de malchance. Au temple de l’infortune, l’ « aussie » prend son mal en patience. Or, si les lésions passent, les stigmates du passé, eux, demeurent … Comme autant d’indélébiles cicatrices dans le cœur du natif de Sydney.

 

LE FILS SPIRITUEL DE DAVID CAMPESE

 

Sydney justement, berceau de l’Ovalie, fief de rugby, où XIII et XV ferraillent, à n’en plus finir, pour imposer leur leadership. Une rivalité vieille comme le monde accrue par l’exode des talents, du XIII vers le XV, à l’orée du nouveau millénaire. Soucieuse de bien figurer lors de « son » Mondial en 2003, l’Australian Rugby Union pilla, sans scrupules, aucuns, le vivier treiziste de ses merveilles d’alors (Wendell Sailor, Lote Tuqiri, Mat Rogers …). Avec le succès que l’on sait. Deux décennies auparavant déjà, la malheureuse National Rugby League abandonnait, aux griffes de son voisin honni, la plus éblouissante perle, la plus flamboyante pépite, jamais vue dans le rugby australien : David Campese. Ses classes effectuées dans le giron treiziste, « Campo », et son célèbre « pas de l’oie », s’empressa de rallier les rangs des Wallabies. Première vedette planétaire de ce sport, le Champion du Monde 1991 marqua d’une pierre blanche son passage à XV (64 essais en 101 sélections) … avant de tirer sa révérence, en 1998, lors des Jeux du Commonwealth … à VII !

 

Figurer dans le Temple international de la renommée du rugby, à contempler les lettres dorées de son propre nom au milieu des Ella, Lynagh, Eales et autres Campese, nul doute que Shaun Foley en rêve. Dans son île natale, à XIII (aux Rosters) comme à XV (à Randwick), le polyvalent trois-quarts du « Racing » souleva les foules par ses relances géniales, ses crochets diaboliques et son goût prononcé pour l’aventure. Si son apprentissage du rugby et son profil de joueur rappellent, à coup sur, un certain Campese, le jeu des comparaisons s’arrête malheureusement là (l’international à VII ne comptant toujours pas la moindre sélection à XV …).

 

Alors, Shaun Foley, éternel espoir ou star (encore) en devenir ? « Le talent éclot sur la cendre d’une longue patience » prédisait Jean Vautrin. Finalement, l’heure du feu-Foley est peut-être venue …