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Mercredi, 30 Juillet 2014
La reconversion, c’est vraiment un métier

 

La carrière d’un joueur professionnel s’arrête vers 35 ans. Outre la fin d’une passion et d’une mise en lumière médiatique et personnelle, le néo-retraité doit aussi assumer une nouvelle vie et lui assurer un revenu régulier, souvent inférieur au précédent. L’Agence XV, créée en 2004 par la Ligue nationale de rugby, la Fédération et Provale le syndicat des joueurs, offre une aide conséquente à la reconversion.

 

Reprise d’une activité existante ou d’études et création d’entreprise, il est nécessaire de prévoir au plus tôt de quoi l’après-rugby sera fait. Le mercredi 23 janvier 2013 à Toulouse, 34 rugbymen ont assisté à une première journée de formation intitulée « les bases de la création d’entreprise », avec des acteurs majeurs du sujet. Des professionnels… Romain Lacoste, ouvreur de Dax et en reconversion professionnelle. (Photo : Philippe Salvat) Comme un écho aux 33 joueurs présélectionnés lors des matchs de l’équipe de France, le même nombre de rugbymen professionnels de TOP 14 et PRO D2 se sont retrouvés à Toulouse pour une journée de formation ayant pour sujet « les bases de la création d’entreprise ».

 

Réunis par l’Agence XV, créée en 2004 par la LNR, la FFR et Provale, ils ont bénéficié des précieux conseils de chefs d’entreprises, de consultants en étude de marché et financements, etc. Une rencontre que n’a pas voulu manquer Romain Lacoste, demi d’ouverture à l’US Dax : « Si je suis titulaire d’un Master d’école de commerce, il me faut me remettre dans le bain et commencer à envisager mon après-rugby ». A 25 ans, le numéro 10 landais aurait bien le temps de songer à sa « retraite » sportive, quarante ans –ou presque- avant la vraie. Sauf que, comme sur le terrain, les meilleurs dans ce domaine sont aussi ceux qui anticipent. « Je pense que c’est plus facile de songer à son avenir professionnel pendant que l’on est en activité sur le plan sportif qu’après.

 

Pourquoi ?

Parce que le rugby permet les rencontres et donc de se tisser un réseau, et parce qu’on a un revenu régulier et que cela permet de ne pas se sentir pris par l’urgence de travailler et donc d’accepter n’importe quoi. » Et parce que psychologiquement la « mort sportive » et sa dépression habituelle ne sont pas passées par là. Alors Romain Lacoste, qui a joué à Lons, Pau et La Rochelle, a étudié le marché autour de sa ville. A la recherche d’une création ou d’une reprise d’entreprise il s’est rendu compte que si la région où il aimerait s’installer et fonder une famille se développait, certaines infrastructures semblaient en retard. Notamment dans l’accueil de la petite enfance. Alors il a songé à ouvrir…une crèche ! « C’est assez compliqué notamment par rapport au coût du foncier pour accueillir une telle structure, et aussi parce qu’habituellement ceci est un service public, mais je n’ai pas renoncé au projet. Evidemment je m’associerais dans ce projet avec des professionnels de la petite enfance, mais lorsqu’on voit l’état du marché du travail, il est nécessaire de prévoir assez tôt ce qu’on va faire après ».

 

Profitant d’une blessure qui l’éloigne des terrains, Romain Lacoste prend le temps de mener à bien son projet. Il est venu à Paris en mars 2012 au « Salon de la franchise » et participe aux journées de formation de Provale. « C’est aussi un bon moyen de s’aérer l’esprit, de voir autre chose, d’autres personnes, de rester connecté avec la « vraie vie » ». Rendant grâce à son entourage de l’avoir sensibilisé très tôt à l’importance de la formation professionnelle, il a aussi su prendre conscience de ses limites sportives. « Je ne serai certainement jamais en équipe de France même si j’ai joué en -18 ans donc il me sera difficile de vivre sur mon « image ». En prenant conscience de ce que l’on vaut, cela permet aussi de se préparer. Et puis, la région est très sympa, j’y ai des amis, et je voudrais bien continuer à faire du surf ». Avec son sens de l’anticipation, Romain Lacoste sait déjà ce qu’il fera dans quelques années…après ses heures de bureau.