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Lundi, 01 Septembre 2014
Le monde selon Léo

Valérie Huck , paru dans l'Indépendant

International -18 ans, Léo Griffoul, arrière des Reichel du RCNM, côtoie les Bleus à Marcoussis. Pensionnaire du pôle espoir, il rêve tout éveillé Léo Griffoul a des paillettes dans les yeux et rêve tout éveillé quand chaque jour, il croise les joueurs du XV de France. L'international en moins de 18 ans, sacré champion d'Europe en avril dernier, a la chance de partager un peu de l'intimité de ces Bleus au CNR de Marcoussis.

Le joueur de Narbonne, formé à Cuxac-d'Aude, est l'un des 26 membres de la promotion Albert Ferrasse du pôle espoir de Marcoussis.
En somme, il prépare la relève et a du mal à s'en relever. "C'est énorme de voir des types comme ça tous les jours. On ne croyait pas être aussi près d'eux. On est privilégié", s'extasie ce prometteur arrière-buteur évoluant en Reichel au RCNM bien qu'encore Crabos. Mariner dans le jacuzzi aux côtés de Dominici, Heymans, Poitrenaud, patauger dans la même piscine que les "stars", en baver à la musculation à une portée d'haltères des esclaves de la fonte, Léo Griffoul n'en perd pas une miette. Quitte à plagier ses glorieux aînés.

"Timides"
"Mardi lors de la séance de muscu, ils ont mis la musique, du rap, à fond. Maintenant, on fait pareil qu'eux", se marre-t-il constatant "qu'il y a une super bonne ambiance entre eux. Ils nous ont dit qu'ils allaient repartir du bon pied". Impressionnée, la bleusaille n'ose pas trop engager les conversations, de peur d'importuner les mondialistes. "Ce sont souvent eux qui viennent nous parler, car nous sommes timides", avoue l'arrière. Et surtout intimidés par l'aura des tauliers tricolores que Léo fréquente régulièrement au bar du CNR. "Ce sont souvent les anciens, Pelous, Ibanez, qui y jouent au billard. On a trop de respect pour aller les aborder, ce sont des papas", dit-il. Alors, question de génération, il se tourne vers les plus jeunes, "plus accessibles comme Heymans, Poitrenaud, Clerc mais aussi Nyanga et Harinordoquy" pour échanger leurs impressions. Pour ce qui est du rugby et du terrain, Léo s'imprègne de la science des buteurs en assistant à leurs séances spécifiques.
"On observe ainsi les techniques de frappe. On peut aussi suivre les entraînements collectifs. C'est très intéressant, notamment sur les lancements de jeu derrière", insiste le Narbonnais qui n'en finit plus de s'extasier sur la ferveur qui entoure les Bleus. "Mercredi, l'entraînement était ouvert au public et toute la tribune était remplie. Tu aimerais être à leur place", salive le "Bleuet". Beaucoup prendraient bien celle de Léo, même si une "épreuve" le tétanise plus que tout. "Le plus impressionnant, c'est la poignée de main de Chabal ou Thion. Quand ils te serrent la main, ils te prennent tout l'avant-bras. C'est un truc de fou", s'exclame celui qui a le privilège de le vivre de l'intérieur. C'est pourquoi il est persuadé "qu'ils vont mettre une belle raclée à la Namibie et qu'ils se qualifieront ensuite".
Foi de Léo !